L’atelier de Traute (1).

A Ménilmontant devant l’atelier dans l’écrasante chaleur d’un jour. La fraîcheur de toute création préserve de l’étouffement… Informé de notre venue le panier vestiaire patiente. L’atelier comme orchestre de l’existence, mais c’est aussi mon lieu de travail pour des visites ou des cours.Chacun a tout en soi… Une porte ouverte sur le monde. Soufflent les … Lire la suite L’atelier de Traute (1).

L’odeur des figuiers après la pluie.

Soleil de mes souvenirs perdus… Je revois mon cousin qui m’attend sur le chemin caillouteux de Tala Alem (le village d’alors). Celui qui est escorté par les rangées de figuiers de barbarie vient en sandales à ma rencontre. Sur les routes sinueuses du Djurdjura, il met une cassette d’Idir qui tourne en boucle dans l’autoradio. … Lire la suite L’odeur des figuiers après la pluie.

Répétition.

Le chœur de nos humanités soufflait à l’envi la partition des comédies. Nos récréations caressaient les rêves autorisés… Bien des regards lorgnaient sur les tables amies pleines de chaises à venir. Jusqu’à ce que l’irruption d’un masque renverse la bouteille des pleurs retenus. Fallait-il à nouveau s’en remettre aux signes des singes ? Une assiette … Lire la suite Répétition.

Réanimation.

Masque social Gel partiel Travail hydroalcoolique Urgence Cluster Test mortuaire Manque sanitaire Housse blouse Hommage conditionnel Comorbidité présentielle Chiffres déconfinés Télé distanciation Port Covid Ligne soignante Activité barrière Gant respirateur Geste Pic   Crédit photographie Patricia Lejaune. (Merci à elle pour sa suggestion !)

Parenthèse (7)

La photo prise à la montagne par Martine une semaine avant le début du confinement nous renvoie à notre perception antérieure. Au cœur de la parenthèse avons-nous remarqué le chemin parcouru ? Depuis deux mois l’économie des pas comprime nos rêves… L’espoir rangé dans les boîtes à chaussures n’aspire qu’à sortir au grand jour et … Lire la suite Parenthèse (7)

Parenthèse (6)

La parenthèse va se refermer sous peu et le récit poursuit son cours comme un fleuve qui aurait quitté son lit sans la certitude de le retrouver… La permission de sortie est accordée mais s’apparente tout même à une conditionnelle. Pour certaines comme Catherine c’est la rentrée , il faudra sans cesse veiller au fragile … Lire la suite Parenthèse (6)

Parenthèse (5).

Il était nécessaire d’attendre que Philippe aille mieux pour qu’il nous livre ses impressions. Heureusement le voilà sorti de cet enfermement . Notre pensée glisse vers tous ceux qui sont partis et en particulier ceux qui nous sont chers. Comme la sardine. Comme la sardine confinée dans sa boîte, je le suis contre  ma volonté. … Lire la suite Parenthèse (5).

Parenthèse (4)

Les mots aériens de Pascale nous éclairent sur un point, l’homme fait partie de ce grand ensemble qu’il appelle la nature. L’aurait-il oublié ? L’homme, parasite au milieu des forêts et des collines, N’est plus invité sous les peupliers et sur le sable chaud, Alors les arbres au dehors s’embrassent et se tiennent la main … Lire la suite Parenthèse (4)

Parenthèse (3)

La parole de Safia pour nous rappeler que le virus ne connaît pas de frontières et que les seules barrières concevables, ce sont nos gestes. Pandémie. Embarquer, voler, débarquer, déballer, s’isoler, désinfecter. S’informer, analyser, contribuer, vulgariser, convaincre, rassurer. Prévoir, inventorier, lister, prioriser, supprimer, ajouter. Sortir, distancier, rencontrer, interpeller, expliquer, illustrer. Acheter, rentrer, se déchausser, se … Lire la suite Parenthèse (3)

Parenthèse (2)

Patricia fixe l’instant du confinement entre ombre et lumière. Elle souligne la perspective d’une sortie programmée de l’espace contraint. Sensation mêlée de désir et de crainte d’aller ailleurs. Se quitter soi pour mieux retrouver l’autre…   Crédit photographie Patricia Lejaune.    

Parenthèse (1)

En cette fin de confinement obligatoire, j’ai demandé à plusieurs personnes d’exprimer leur ressenti sur ces moments marquants qui resteront extraordinaires aux yeux de tous. Nous les espérons uniques ! Je vous livre la première contribution , celle de Déborah que nous remercions. Elle décrit bien le vécu de ces derniers mois et ressemble un … Lire la suite Parenthèse (1)

Journal du monde d’avant (13)

Rues désertes pour un premier défilé d’images revendicatives. Pancartes virtuelles et sonos muettes… La colère manifeste de chacun et l’injustice rivées à la chaîne du soi. L’expérience d’une détention à ciel ouvert a réduit pour un temps la dispersion des gaz et même les grenades sont au chômage partiel. Pour certains c’est l’avènement du télétravailleur … Lire la suite Journal du monde d’avant (13)

Journal du monde d’avant (12)

A quoi ressemblerait la reprise ? A quelque chose de chaotique, comme la fin d’une grève qui n’aurait jamais été votée. Ou la libération conditionnelle d’un détenu pour un crime jamais commis ni jugé. Petite heure de récréation courue sous un ciel couvert. Zigzag entre les crachats des permissionnaires qui glissent comme des balles sifflantes. … Lire la suite Journal du monde d’avant (12)

Journal du monde d’avant (8)

Intrusion de l’accord dissonant… Assez de cette marche funèbre, ce n’est pas une retraite, c’est la Berezina ! Privation d’air et de mouvements assurés. A la station service de l’urgence on pleure des soignants remués. Du blanc, du bleu et du noir pour finir…Le chœur de Belphégor défilera-il pour la fête nationale ? Au soleil ou à … Lire la suite Journal du monde d’avant (8)

Journal du monde d’avant (7)

Deux corbeaux connectés se disputent le cri d’une sirène qui retentit …En Asie, le traçage médical des ombres fiévreuses n’indique au fond rien de bon. En voyant les cortèges funèbres de Bergamasques, je n’ai pu m’empêcher de songer au Carrousel de l’Âge de Cristal* : dans cette série futuriste, pur produit des années soixante-dix, on … Lire la suite Journal du monde d’avant (7)

Journal du monde d’avant (5)

Ce silence trompeur ne ressemble à rien et devient suspect… J’ai entrepris de l’enregistrer, tenté de le prendre en photo mais sans succès. Pourtant il y a peu je n’aspirais qu’à lui, comme ceux qui le sacralisent lors de retraites spirituelles. Le brouhaha infernal me dérangeait et mes tympans pollués criaient grâce. Aujourd’hui certains vernissent … Lire la suite Journal du monde d’avant (5)

Journal du monde d’avant (4)

« Pour bénéfique que soit la mondialisation, elle apporte aussi son lot de catastrophes. La libre circulation des êtres humains favorise en effet la propagation rapide des virus… Ainsi il a suffit d’une semaine pour que la mystérieuse épidémie de pneumonie atypique s’étende au monde entier. La menace de la maladie plane désormais sur l’Asie, l’Europe … Lire la suite Journal du monde d’avant (4)

La fenêtre bleue.

La tour, prends garde ! De te laisser abattre…disait la comptine. Ceux qui parlent de guerre nous ont proprement dévêtus… Nus dans nos respirations, nous marchons comme des pantins réanimés. Les masques, quand il y en a, tombent sous une pluie de rage,  de cris étouffés et de larmes contenues. Je repense à cette phrase du … Lire la suite La fenêtre bleue.

Séparation.

Aurais-tu conscience de l’injonction paradoxale qui nous est transmise en urgence ?  Impérieuse union de tous dans l’adversité à tenir la distance respectable ! Brève autorisation d’effacer la promiscuité qu’on ne saurait plus voir…La nage en couloir sévit dans la lagune. Abandon du grand large par nécessité. Dans l’océan de la peur on craint à raison … Lire la suite Séparation.

Mise à l’écart.

Lentement le temps lui aussi perd la boussole. Désormais d’autres hommes se voilent le visage comme nos méharistes. Partout un vent mauvais souffle sur les plages, les berges, les parcs…Les moteurs des pick-up crachent un peu moins d’air vicié. Leurs conducteurs affolés ont fui une contagion fiévreuse ! Avait-on nécessairement besoin d’eux pour respirer ? … Lire la suite Mise à l’écart.

Je suis indien.

Je me sens comme un indien devant la variole des éclaireurs aux visages pâles. Cette peur de voir mes frères fauchés par millions, ceux de ma tribu et celle de nos voisins. Nos femmes, nos enfants pleurent encore devant l’effroi. Baiser mortel du rêve déguisé, ta pacotille n’est qu’un leurre, un cadeau empoisonné. Les barrières … Lire la suite Je suis indien.

L’heure du choix.

Voyager ou demeurer Embrasser ou essuyer Entourer ou propager Confiner ou aérer Polluer ou soigner Affamer ou inviter Exploiter ou aider Tricher ou déclarer Ignorer ou regarder Exporter ou liquider Trier ou transporter Déplacer ou intégrer Respirer ou étouffer Il faudra choisir.   Crédit photographie Patricia Lejaune.

Confinement.

Coup de sifflet fiévreux. Un jet de salive renvoie vers les vestiaires les joueurs qui courent comme des lapins…Tandis qu’à Lesbos le postillon migrant perd le goût du baiser. Parapluie de matraques. Un châtiment promis aux déviants nous soulignait Susan Sontag dans ses métaphores. Aussi la mise à l’écart de l’autre par la maladie au … Lire la suite Confinement.

Invocation.

Quand la terre brûlera nous offrirons nos cœurs sur l’autel Des koalas sauteront entre les braises d’oreilles fumantes Les plages exsangues fuiront les vagues tourismes d’illusion Du plastique en fusion dégoulinera sur nos renoncements     Crédit photographie Patricia Lejaune.

In fine.

En ces temps de transports incertains, mon attention vagabondait vers des slogans manifestes. Traquer le signe sur les tags et les pancartes insolites. Scruter les mots sur les chasubles colorées qui émergeaient des gaz. Mes oreilles assourdies par les sonos gueulardes souffraient du fracas des grenades. La logorrhée des gouvernants usinait pourtant la sémantique et martelait … Lire la suite In fine.

Grenat.

A la galerie de l’offrande grenat L’œil désirant confond la croupe Poursuite d’un hémisphère satin Fourreau secret de l’intention Notre cœur se noie en l’absence Des prémices d’une vraie figure.     Crédit photographie Patricia Lejaune.     « Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! Tout ce que … Lire la suite Grenat.

Exhumation.

Quelle notion avons-nous de la souffrance des autres ? Comment la lire ? Nervures et ramifications éclaboussent les souvenirs pistils. Flou des couleurs et douleur folle. Défilé de cris dans les jardins révoltés pendant que les oreilles sifflent…Des caresses assassines aux claques banderoles… La romance brutale sort enfin de son tiroir !   Crédit photographie … Lire la suite Exhumation.

Vermeil.

Une feuille traverse l’averse La flaque devine sa couleur Et ranime la pierre endormie Sur l’escalier de la mémoire.   Crédit photographie Corinne Ingold.

Evasion.

Nous espérons sans cesse nous adresser à autre chose …Les feuilles colorent les mots et les images fleurissent en un clin d’œil. Surprise de l’agent numérique qui traque l’insolite avec l’obsession de retenir le temps…Je devine une percée dans les sous-bois qui conduirait vers un ailleurs. Une évasion en quelque sorte.   Crédit photographie Patricia Lejaune.

Trente ans.

« Ô faites que jamais ne revienne, Le temps du sang et de la haine, Car il y a des gens que j’aime, A Göttingen, à Göttingen, Et lorsque sonnerait l’alarme, S’il fallait reprendre les armes, Mon coeur verserait une larme, Pour Göttingen, Pour Göttingen … » (Barbara)  Trente ans qu’il est tombé, on ne sait où … Lire la suite Trente ans.

Babel.

Suffirait-il de parler une langue commune pour mieux se comprendre ? Les marches à gravir sont devenues trop hautes pour certains. Ils ne monteront plus ensemble, désormais ils le savent. Et pour quel transport ?  Il n’y a même plus d’ascenseur ! Au fond elle mentait la voix synthétisée, surtout quand elle annonçait les étages supérieurs…     … Lire la suite Babel.

Que faisions–nous ?

Que faisions-nous ce jour maudit où la télévision cracha du feu ? Le dragon cathodique vomit son fiel brûlant sans prévenir personne. Nous observions déjà les incendies depuis que la haine rongeait les esprits et parcourait les urnes…Nous causions réchauffement et réseaux sans entrevoir le déguisement des marionnettes à l’écran. Présentables à souhait, de leurs yeux … Lire la suite Que faisions–nous ?

La lampe.

Allais-je répondre à l’invitation et par conviction venir couverte ? A l’exposition « Siècle des luminaires » on ne scruterait certainement que mon ombre. Celle qui plane, qui inquiète ou qui terrorise parfois même jusqu’aux sorties des petits. Pourquoi ne pas y aller ? Un homme me sommerait peut-être d’ôter mon abat-jour, comme celui qui un jour m’a religieusement … Lire la suite La lampe.

Jours noirs.

Le troupeau fou cherchait son champ nuit et jour…Il rêvait de retrouver le chemin de la capitale. Son application de guidage avait dévoré la cervelle du chien et les quais trépignaient encore… La navigation du souvenir autorisait une blanche dérive et le berger pleurait son étoile.     Crédit photographie D.B.

Rencard.

Je te donne rendez-vous sur l’esplanade du tourment ! Les notes émues sautillent comme des particules. Elles chuchotent à l’oreille du rêve défunt…Un pari combiné de pavés qu’on ne ramassera plus. N’être que le témoin du requiem urbain ! L’ombre des mutants méprise toute harmonie de la file d’attente…     Crédit photographie Patricia Lejaune.

Bégonia.

Mais où dormais-tu Gramophone éclairé ? Quand la lumière t ‘inspira Cet air du chant promis Un présent fournit alors Le frisson du souvenir Au goût de baiser suave     Crédit photographie Catherine Gallais.